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La vie d’un pensionnaire de la villa Médicis n’était pas forcément simple au XIXème siècle. Il faut rappeler que cette institution avait été instaurée sous Louis XIV pour non seulement permettre à des artistes français de s’intéresser aux modèles antiques mais également pour pourvoir à la reproduction de nombreuses œuvres, les fameux « envois de Rome » destinées à agrémenter les façades ou les jardins des édifices publics.

Le XIXème siècle démarrait avec une certaine contestation : la plupart des grands Prix de Rome avaient déjà exposé lors des salons parisiens, jouissaient d’une certains notoriété et vivaient mal le carcan qui leur était imposé : l’interdiction de résider dans la villa avec leur conjointe, l’obligation d’assister à des dîners entre co-pensionnaires au réfectoire, l’interdiction théorique de s’éloigner de Rome la première année. Ingres avait déjà entamé sous son directorat d’importantes réformes, limitant notamment les copies d’antiques, mais à l’époque de Chabaud, le nouveau maître des lieux ne disposait pas de la même notoriété. Jean Alaux était un homme qui avait été contesté, notamment pour ses positions politiques.

Il faut dire que la situation n’était pas claire. Napoléon III, ancien carbonariste, soutenait théoriquement ses « frères » dans l’optique de la constitution d’un grand Etat italien. En 1848, Alaux avait été vertement attaqué pour avoir accordé l’asile à un opposant au pape Pie IX et lorsque Chabaud arrivera à Rome, tout début 1849, il vivra des événements difficiles. Le Pape avait été contraint de quitter la Capitale pour regagner le Royaume des deux Sicile tandis que la foule scandait « Vengeance au mouton oppressé par le loup »… et Napoléon III, contre toute attente, de finalement favoriser son retour par une intervention militaire.

Les français n’avaient donc pas bonne presse. La villa Médicis ne tardera pas à être investie, saccagée même, obligeant les pensionnaires à quitter les lieux pour Florence.

Ce sera pour Chabaud l’occasion de parcourir l’Italie avec son ami de toujours Charles Garnier. Leur itinéraire est connu, presqu’au jour le jour et ses croquis constituent une incroyable visite guidée de la Péninsule.

 

 

Florence

Florence, fragment de la porte du Baptistère d'après Andrea Pisano
Florence, fragment de la porte du Baptistère d'après Andrea Pisano

Sienne :

Sienne, pavement de la cathédrale
Sienne, pavement de la cathédrale

Assise: Basilique de Saint François

Rome (copies d'oeuvres romaines et grecques)

Pise, fresques de Gozzoli au Campo Santo

aquarelles de costumes italiens

L’exercice du costume italien demeurait un passage obligé pour les pensionnaires de la villa, de même que celui des portraits d’italiennes pour les peintres. Il existait même des modèles attitrés que l’on peut retrouver dans les production de Cabanel, Bouguereau ou encore Ernest Hébert qui fut contemporain de Chabaud et dont les gouaches présentent de nombreuses similitudes

L'art Pompéien

Comme tout à chacun le sait, Pompéi fut engloutit sous des cendres et de la pierre ponce en 79 après JC. Dès 1592 l’architecte Fontana entreprendra les premières « fouilles sommaires » en creusant un aqueduc qui devait originellement traverser la ville. Mais ce n’est qu’avec Charles III de Bourbon, roi des deux Siciles, en 1738, que commença le véritable travail de recherche… un travail souvent bâclé puisque l’on étudiait le site de façon horizontale, essayant péniblement de retrouver le tracer des rues sans tenir compte de l’effondrement des immeubles, des Insulae. Dès cette époque l’on commença à « extraire » les fresques pompéiennes. Certaines étaient destinées à être exposées au public, d’autres ont mystérieusement disparu.

En 1812, la Reine Caroline, sœur de Marie Antoinette à laquelle on doit notamment les superbes jardins à l’anglaise de la Reggia à Caserte, poursuit le déblaiement, dans des conditions relativement similaires à ce qui avait été entrepris du temps de son beau-père. Et il faudra attendre François Mazois qui en 1822, commença un véritable travail scientifique, archivant, croquant tout ce qu’il trouvait.

Toutefois les recherches dans les règles de l’art, les premiers moulages des corps, l’étude systématique des villas ne commença que sous l’égide de Fiorelli en 1860.

Chabaud visita ces sites en 1851 et ses croquis demeurent donc précieux, non seulement pour les fresques qui sont actuellement exposées au Musée archéologique de Naples, mais surtout pour celles qu’il a pu observer et qui ont échappé à l’inventaire de Fiorelli, ont « disparu » de la circulation.

L'art étrusque